Petite introduction à l'AC pour ceux qui ne sont pas familiers avec cette notion.
L’agriculture de conservation (AC) se construit autour de la mise en œuvre de 3 grands principes de gestion des agrosystèmes : (1) perturbation minimale du sol, (2) protection du sol via le maintien d’une couverture végétale permanente en surface, (3) diversification des rotations et associations de cultures (FAO[1]).
La diversité des conditions de production et des besoins des agriculteurs conduit à une forte diversification des pratiques résultant de l’adaptation locale de ces 3 principes. Il s’agit donc d’une famille de systèmes de culture ayant en commun l’abandon du labour – on parle en France de techniques culturales sans labour (TSL) – et le maintien d’une couverture végétale composée de résidus de culture et/ou de plantes de couverture insérées dans la rotation soit en interculture, soit en culture associée. Dans certains cas, le semis se fait à travers le couvert sans aucun travail du sol (SCV : semis direct sous couvert végétal). L’AC ne se réduit donc pas au simple changement de techniques de travail du sol mais associe d’autres innovations telles que l’usage de plantes de couverture ou de culture associées.
L’AC sous ses multiples modalités dont certaines ne constituent pas une innovation récente (Thurston, 1997), s’est développée rapidement dans plusieurs régions du monde au cours des 30 dernières années. Adoptée à grande échelle dans un contexte d’agriculture mécanisée en Amérique du Nord (25 millions d’ha aux USA) et du Sud (24 millions d’ha au Brésil) et en Australie (9 millions d’ha), l’AC est aussi en train de se développer en Afrique, en Asie et en Europe depuis une dizaine d’années (Derpsch 2005 ; Lahmar et al. 2006a, b). On observe ainsi en France un accroissement rapide des surfaces cultivées sans labour ces dernières années, pour représenter aujourd’hui un tiers de la sole cultivée.
L’adoption de l’AC obéit à des déterminants variables selon les situations mais, dans la plupart des cas, elle se développe en réponse à une double contrainte et nécessité : agro-environnementale d’un côté (en particulier lutte contre l’érosion et la dégradation de la fertilité des sols) et économique de l’autre (augmentation de la rentabilité via la diminution du temps de travail et de l’emploi d’énergie fossile). Dans le contexte actuel, ces moteurs sont extrêmement puissants aussi bien au Nord qu’au Sud, et stimulent des processus d’innovation technique et organisationnelle très variables selon les contextes (Coughenor, 2003 ; Ekboir, 2003 ; Triomphe et Sain, 2004, Bolliger et al. , 2006, Triomphe et al. , 2007).
A compléter
A compléter
© Cirad 2010 - Tous droits réservés - Informations légales - Contact