Isard Les terrains Dakar (Sénégal)
L’importance économique du maraîchage en périurbain, conjuguée à la saturation des sols fertiles contigüs au bas-fond, liée à la pression foncière, amène les agriculteurs à coloniser des nouvelles terres pauvres en matières fertilisantes. L’eau constitue un facteur limitant pour mettre en valeur ces sols mais elle n’est pas le seul. L’apport de matières fertilisantes conséquentes dans ces types de sols est une nécessité absolue pour espérer avoir une production agricole alors que l’enchérissement des engrais chimiques se poursuit depuis quelques années. Les matières organiques utilisées par les agriculteurs sont composées essentiellement d’effluents d’élevage (fumiers de volailles et de chevaux). Le fumier de volaille paraît cher notamment pour les exploitations éloignées des structures de production. Quant au fumier de cheval, il semble limitant notamment en saison des pluies, et les résidus d’arachide, autrefois très utilisés, sont aujourd’hui pratiquement inexistants dans la région.
La forte croissance de la population urbaine de la région de Dakar s’accompagne inexorablement de celle des déchets ménagers solides. En 1997, 812 tonnes de déchets urbains solides étaient produites quotidiennement contre 856 t en 2000 et 1500 t en 2005.
La gestion des déchets à Dakar est depuis fin 2006 sous la responsabilité de l’Entente CADAK/CAR, présidée par le Maire de Dakar après la rupture du contrat entre l’Etat et une société privée qui avait en charge la collecte et la mise en décharges des déchets. L’Agence pour la Propreté du Sénégal (APPROSEN), sous la tutelle du Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature, est chargée d’appuyer les collectivités locales notamment CADAK/CAR en matière de gestion des déchets urbains. Cependant, la problématique des déchets à Dakar (quantité considérable de déchets à collecter) est telle que les collectivités locales ne peuvent à elles seules gérer les déchets produits. Ainsi, pendant la phase transitoire créée à la suite de la rupture du contrat avec LAMA, une partie de la collecte et de la mise en décharge des déchets est octroyée à la société Veolia propreté pour un contrat d’essai de 3 mois renouvelable trois fois et l’autre partie à des concessionnaires locaux.
Les déchets collectés sont transportés à la décharge de M’Beubeuss située à environ 27 km de Dakar. Ce site, d’une superficie de 600 ha, reçoit depuis les années 70 des déchets dont le cumul est estimé aujourd’hui à plusieurs dizaines de milliers de tonnes. La part des matières organiques dans ces déchets est estimée à plus de 40%, ce qui constitue a priori une ressource potentielle pour l’agriculture. La composante organique de la décharge a subi un compostage naturel dans sa partie ancienne.
A l’heure actuelle, 6 groupements composés de 15 personnes fabriquent par tamisage artisanal le criblé de décharge (appelé localement Terreau) à M'Beubeuss. Ce terreau est actuellement destiné aux espaces verts, gazon de stades, floriculture. On suppose qu’il pourrait être valorisable en agriculture. L’étude de l’intérêt agronomique de l’utilisation de ce criblé est actuellement en cours dans le cadre d’un projet de post-doc. Il peut être articulé avec le Projet ISARD.
La CADAK/CAR, ayant en charge la responsabilité de gestion des déchets urbains notamment solides, a pour objectif de réduire le volume de déchets à la source. Les matières notamment périssables peuvent alors être valorisées par différents acteurs. Ainsi, un projet pilote de compostage des ordures ménagères de la Commune de Hann Bel-Air, préalablement triées, s’inscrit en fait dans cette stratégie globale de réduction de volume de déchets à la source. Ce projet pilote pourrait, par la suite, s’étendre dans d’autres communes de la région de Dakar. Le compost peut être utilisé dans le cadre du Projet ISARD. Un accord de partenariat est en cours d’élaboration entre l’équipe de l’IRD-ISRA et l’ONG.
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