Isard Le projet ISARD Contexte
La Division de la population des Nations Unies estime que la population mondiale devrait poursuivre sa forte croissance jusqu’en 2075, avec un maximum historique à 9,2 milliards d’habitants contre 6,4 milliards actuellement (Véron, 2007). La production de déchets qui accompagne l’activité humaine est donc appelée à augmenter dans des proportions considérables, au Sud comme au Nord. A titre d’exemple un Français a acheté, en moyenne, 916 kg de produits alimentaires en 1979 et 954 kg en 1999. Mais en 20 ans, le poids de cette consommation n’a augmenté que de 4% alors que la quantité de déchets issus de cette consommation a augmenté de plus de 15% (Poquet, 2001). De même, le volume des boues de stations d’épuration urbaines est en constante augmentation dans l’Union Européenne avec la généralisation du traitement des eaux urbaines résiduaires, en application de la directive 91/217/CEE. Cette quantité croissante va être confrontée à un resserrement des alternatives possibles de gestion de ces déchets.
En effet, certains pays européens comme la France et l’Allemagne ont prévu de limiter la mise en décharge des déchets non ultimes ; ainsi la mise en décharge des déchets organiques devrait rapidement demander une stabilisation préalable des ces déchets. La croissance de la population s’accompagne d’une concentration dans de grandes métropoles.
On estime en particulier que la production de déchets sera quadruplée dans les villes (Mougeot et Moustier, 2004). Les graves conséquences de cette augmentation sont maintenant bien perçues par la société et des solutions sont recherchées .
Elles demandent une vision globale et très intégrée, dans un contexte de grande complexité ; la récente crise des ordures ménagères à Naples en a constitué un exemple frappant, et le Grenelle de l’Environnement s'est conclu sur des engagements en matière de gestion des déchets.
Les voies explorées prennent plusieurs formes :
Les pratiques de tri, collecte et traitement permettent d’envisager des filières de valorisation spécifiques pour la fraction organique des déchets ménagers .
La production d’eaux usées, liée à la croissance urbaine et à la concentration des populations en zone urbaine, augmente également. Ces eaux usées sont plus ou moins traitées, selon qu’on soit dans un pays du Nord ou du Sud. Les eaux usées ou les boues issues de leur traitement sont très souvent épandues sur les sols agricoles en périphérie des villes.
Enfin l’agriculture elle-même produit des matières organiques résiduaires en grandes quantités, issues de l’élevage ou des agro-industries. Comme pour les villes, on assiste souvent à une concentration de l’élevage dans certaines zones qui conduit à une forte production de matières organiques résiduaires.
On assiste donc de façon de plus en plus fréquente à de la concurrence ou au contraire à de la complémentarité entre matières organiques de nature et d’origine diverses. L’application au sol et l’utilisation en agriculture, sous forme brute ou transformée, de ces matières organiques, a toujours constitué une voie pour les valoriser : traditionnelle pour les produits issus de l’agriculture, elle a subi des évolutions au cours de l’histoire pour les produits issus des activités humaines (Barles, 2005).
En quelques décennies, les matières organiques urbaines ont vu évoluer leur statut, d'engrais - ou amendement -, elles sont devenues des déchets. Les contextes réglementaires interviennent également en attribuant des statuts différents à ces matières organiques : déchets pour les boues d’épuration, produits pour les composts par exemple. Cela peut avoir des conséquences sur leur utilisation en agriculture puisque la responsabilité liée à leur épandage en agriculture change : elle est sous la responsabilité du producteur de déchet pour le cas des boues, et de l’agriculteur utilisateur dans le cas des composts.
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