Le terrain AB croise les deux questions de la simplification du travail du sol et de la mise en place de couverts végétaux. Il se décompose en trois dispositifs :
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Les relations entre agriculture de conservation et agriculture biologique (AB) ont été souvent conflictuelles. Si ces deux formes d’agriculture alternative revendiquent une forme de production plus respectueuse de l’environnement, les moyens utilisés peuvent apparaître contradictoires : ne pas travailler le sol pour préserver cet écosystème en AC au risque d’utiliser plus d’intrants chimiques versus ne pas utiliser d’intrants chimiques en AB quitte à travailler le sol de manière intensive pour lutter contre les adventices. On assiste pourtant à un rapprochement de l’AB et de l’AC porté par (1) la volonté des agriculteurs en AC de réduire l’utilisation de produits phytosanitaires par un raisonnement sur les rotations et les cultures intermédiaires sur lequel l’AB a acquis des connaissances et des expériences plus anciennes (2) la volonté des agriculteurs en AB de réduire le travail du sol pour des raisons économiques, environnementales (consommation d’énergie fossile, conservation des sols et de la biodiversité) et agronomiques (Peigné et al , 2007). Cependant, la suppression du labour est plus difficile en AB (Stengel, 2001) et doit faire face à deux enjeux techniques majeurs que sont la nutrition azotée et la maîtrise des bioagresseurs en l’absence d’intrants chimiques (Watson et al. 2002). La gestion de la nutrition azotée est déterminante en AB notamment dans les systèmes sans élevage où l’approvisionnement en amendements organiques est coûteux et incertain (David et al. 2005). L’utilisation de la fixation de l’azote atmosphérique par un couvert de légumineuses est ainsi particulièrement intéressante en AB (Hauggaard-Nielsen & Jensen 2005). Par conséquent, l’utilisation comme en AC de plantes de couverture légumineuses, associées à une culture céréalière est une solution à envisager malgré les difficultés liées à sa mise en place et à son entretien en AB. Adopter des pratiques d’AC en AB, modifie également la gestion des adventices puisque le contrôle du stock semencier par retournement de l’horizon de surface n’est plus assuré. Devant la difficulté du contrôle mécanique des adventices (Teasdale et al. 2007), l’enjeu est d’étudier si les conditions du milieu en AC induisent une modification de la flore spontanée (Peigne et al. 2007) et si la présence d’un mulch ou d’un couvert vivant peut modifier la levée des adventices (Hiltbrunner et al. 2007).
En France, les premières recherches sur le non labour en AB ont été développées par l’ISARA dans la région Rhône-Alpes à partir de 2003 dans un double objectif : comprendre comment le statut organique et la biologie du sol vont être modifiés par les techniques de travail du sol et adapter les techniques sans labour aux spécificités de l’agriculture biologique. Depuis trois ans, un dispositif combinant un site expérimental où sont testées différentes modalités de travail du sol, un réseau de parcelles d’agriculteurs et de conseillers bio de la région Rhône Alpes tente de construire et de développer des espaces de collaboration au sein desquels sont testés et discutés de nouvelles connaissances afin d’identifier les plus susceptibles d’apporter des réponses aux problèmes constatés.
Publications liées au projet sur le terrain France Agriculture biologique
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